Une interview de l’ASIHVIF (Association internationale des histoires de vie en formation et de recherche biographique en éducation) au comité d’organisation de la journée d’étude.

ASIHVIF : Vous êtes quatre à organiser cette journée d’étude Marie Dos Santos, docteure en sociologie de l’Université de Strasbourg ; Natasia Hamarat, doctorante en sociologie à l’Université libre de Bruxelles ; Silvia Rossi, docteure en études italiennes à l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense et Maria Grazia Rossi, post-doctorante en linguistique à l’Université Cattolica de Milan. Comment vous êtes-vous rencontrées, qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler ensemble autour de cette thématique commune ?

Comité d’organisation : Jeunes chercheures dans des pays différents (Belgique, France et Italie) et dans des disciplines différentes (sociologie, philosophie et littérature), nous travaillons toutes les quatre dans le domaine de la santé. Nous nous sommes rencontrées au cours de diverses manifestations scientifiques ayant traits aux rapports au corps, aux émotions et au vécu des malades, mais aussi aux points de vue des proches et des professionnels du soin. Ces rencontres furent l’occasion de déconstruire les discours dominants sur la maladie au prisme du vécu des personnes directement concernées par celle-ci. Au fil de nos discussions, une thématique est souvent revenue en fil rouge : la manière dont le corps souffrant est mis en récit et le sens que ces récits peuvent prendre pour les acteurs qui se racontent, et pour ceux (chercheur-es, auditeur-es ou lecteur-es, pairs) qui reçoivent ces récits. Croisant nos réflexions et nos regards, à partir de terrains de recherche, d’épistémologies et de cadres théoriques différents, nous sommes arrivées à une problématisation commune autour de la trame politique de ces récits. Il nous est apparu stimulant de réfléchir sur les modalités de passage du récit singulier au récit collectif et sur la politisation des souffrances infligées par la maladie, mais plus fondamentalement par toute forme de souffrance sociale. Quels espaces de communicabilité permettent la production de récits relatifs à la souffrance vécue ? Quelles narrations se trouvent — ou non — privilégiées afin de (se) mobiliser dans l’espace public ? Ces questionnements nous ont donné envie d’être partagés lors d’une activité scientifique. Afin de concrétiser ce projet, nous avons proposé une demande de financement à la MSH-Paris Nord, que nous avons eu le plaisir de voir aboutir positivement. Continuer à lire